La nécessité du jardin sec
22 mars 2024
Le jardin sec, c’est faire le processus de sélectionner des espèces végétales souvent indigènes et présentant la plus grande résistance possible à la sécheresse. Lors de la plantation, la réflexion du concepteur paysagiste s’axe autour des différents moyens d’économiser l’eau, et donc d’optimiser les ressources.
L’essence même du jardin sec trouve son origine au Japon avec Manasobu Fukuoka, agriculteur japonais engagé pour une agriculture plus naturelle. Mais c’est à Denver, aux Etats-Unis d’Amérique, que la compagnie des eaux de la ville dépose le brevet du terme xeroscaping (xérophile en français) entre 1970 et 1980 lors d’un épisode de sécheresse intense. Le jardin xérophile est un jardin qui, de par les espèces présentes et ses aménagements particuliers, est adapté à un milieu climatique sec ou désertique.
Attention à ne pas s’arrêter à nos idées reçues ! Le jardin sec peut revêtir différents styles selon son emplacement géographique et les envies de ses propriétaires : méditerranéen (style plutôt calcaire et fleuri), japonais (maîtrisé et jouant sur les asymétries), désertique (avec des cactées, du sable et des rochers) ou encore contemporain (verticalité et minimalisme).

Un jardin sec créé par Sigmap Jardin
Mais comment mettre en œuvre le jardin sec chez soi ?
L’essentiel c’est toujours de partir de la base : votre sol.
Connaître sa nature est essentiel car c’est ce qui détermine la bonne tenue des végétaux. L’idéal pour un jardin sec va être un sol sableux ou caillouteux, spécifique aux bords de mer par exemple. Si la nature du sol est différente, il est conseillé de mélanger à votre terre des matériaux drainants (sable de rivière ou gravier) après le désherbage et avant de planter. Le choix de la zone de plantation est également à anticiper ; on préférera un emplacement ensoleillé sans ombre persistante car la plupart des végétaux xérophiles sont habitués aux climats chauds et ensoleillés.

Zones climatiques en France Métropolitaine
Le climat, parlons en justement !
Lors de la sélection des espèces à implanter, il convient de prendre en compte la zone climatique dans laquelle se situe le projet (par exemple, la Côte d’Azur est plutôt située entre les zones 9 et 10).
Sachez qu’il n’est pas conseillé de planter des cactus dans des zones qui craignent le gel sous peine de les voir ralentir leur croissance chaque hiver, voire de les perdre. Si votre jardin est proche de la mer, le gel s’y fera rare et vous pouvez vous permettre des espèces comme les Agaves, les Cactus cierges ou encore les Lantanas.
Notre climat près de Toulon est méditerranéen : plutôt doux en hiver (entre 5 et 15°C) et très sec en été. Il nous permet de sélectionner des espèces comme les succulentes, les cactées ou encore les graminées. Ces familles de végétaux s’adapteront super bien à des rusticités comprises entre -3.9°C et 1°C.
Pour un style plutôt méditerranéen, vous pouvez planter des aromatiques : thym, romarin, sarriette, origan… Ces espèces sont aussi utilisables en cuisine grâce à leurs propriétés gustatives !
Petit conseil de pro :
Jouer sur les hauteurs et les échelles (petit, moyen, grand → vivace, arbuste, arbre), créer des perspectives et imaginer des cheminements visuels rendent l’ensemble plus intéressant à regarder ! Et surtout, on n’hésite pas à bien se renseigner pour implanter des espèces que l’on aime et qui nous font plaisir.
Il existe tellement de possibilités végétales qu’on tombe forcément sur ce qui nous fait vibrer : agaves, palmiers, vivaces, cactus, bulbes…
À mon sens, mener des recherches pour la création de son propre jardin contribue au plaisir final de le voir se réaliser.
Mais si jamais vous ne vous sentez pas de créer vous même votre jardin sec près de Toulon (83) par manque de connaissances ou de temps, je vous glisse mon contact juste ici pour qu’on discute de votre projet de création d’espace extérieur ensemble.
D’autres solutions existent pour concevoir un jardin avec une vision plus résiliente, comme remplacer l’habituel gazon par des plantes couvre sol qui préviennent l’érosion des sols et retiennent l’humidité.
On peut citer par exemple le Delosperma qui résiste aussi aux embruns, et dont vous retrouverez plus d’infos sur le compte Instagram de @myslowgarden.
C’est une vivace couvre sol qu’on retrouve aussi sous l’appellation Pourpier vivace, et qui fleurit de Juin à Septembre. Ses feuilles sont charnues pour mieux retenir l’eau et ses tiges sont tapissantes, lui permettant de résister au vent. Son + c’est sa rusticité, c’est-à-dire sa résistance au gel, jusqu’à -12°C !
Pour améliorer l’aspect visuel d’un projet, les rochers ou les monolithes en pierre naturelle sont des éléments clés. La minéralité permet à certaines espèces végétales de se nicher dedans et donne une nouvelle dimension au jardin, avec plus de profondeur et de texture.
Les espaces de circulations comme les allées se délimitent au moyen de pas japonais, faits si possible d’une pierre naturelle locale pour limiter l’impact environnemental de la création. Leur implantation est définie par le style de jardin souhaité : on utilise la forme de la pierre comme un puzzle dans des jardins au look sauvage, la distance d’enjambée dans des extérieurs plus maitrisés…
Lorsque les végétaux sont plantés, ne pas oublier le paillage ! Qu’il soit minéral (pouzzolane, schiste concassé, gravier calcaire) ou végétal (broyat, écorce de pin maritime, coco) il permet, doublé d’un géotextile, d’éviter la repousse d’herbes involontaires et de conserver la fraîcheur naturelle du sol lors des fortes chaleurs.
Maintenant que vous avez la mise en œuvre, intéressons nous aux problématiques que résout le jardin sec. Quels sont les enjeux de la plantation de végétaux adaptés à leur climat ? Pourquoi ne pas se laisser emporter par la frénésie des tendances ? Quel intérêt de revenir à des conceptions de jardin plus résilientes ?
Face à ce constat il devient crucial de trouver des solutions au manque d’eau, car sans eau pas de vie.
Faire le choix d’un jardin sec c’est limiter le gaspillage d’eau, avec des plantations qui contribuent à réguler sa consommation en autonomie.
Et pour optimiser l’utilisation de cette ressource, on utilise des végétaux couvre sol. En créant un véritable tapis végétal qui donne de l’ombre, ce type de plante retient l’humidité naturelle du sol.
Par ailleurs, c’est en plantant des espèces natives qui sont plus adaptées à leur environnement que l’on contribue à une réduction de la fréquence et du volume des arrosages. Leur entretien est également plus facile.
Les plantes étant endémiques (une espèce de plante est dite endémique d’une zone géographique lorsqu’elle n’existe que dans cette zone à l’état spontané) et donc adaptées au climat dans lequel elles évoluent, la nature fait le travail à la place du jardinier.
Finalement, le budget total à attribuer à son jardin dans la durée (entretien, eau, engrais, …) est réduit. Le jardin est vert toute l’année et les effets graphiques sont multiples, sachant que la plupart des floraisons sont souvent spectaculaires. Un jardin sec est donc autant agréable à vivre qu’utile pour économiser les ressources naturelles dont nous disposons.
Alors, qui se laisse tenter ?